Transmettre du contenu scientifique au grand public

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Telle est la vocation de Marilyne Certain, médiatrice scientifique à l’espace des sciences Pierre-Gilles de Gennes (ESPGG). Une vocation qui fait appel à la fois à sa fibre pédagogique et à sa formation scientifique. Elle a répondu aux questions de l'ABG.

 

Une expérience en enseignement et vulgarisation scientifique acquise pendant la thèse…

Marilyne débute son parcours en médiation scientifique au cours de sa thèse en physique des matériaux, une « thèse théorique avec beaucoup d’équations et un peu de simulation numérique ». Elle « apprécie énormément le côté apprentissage et découverte » de sa thèse, un côté qui fait aussi beaucoup vibrer sa fibre pédagogique et qui lui donne l’envie de partager ses connaissances. Ce qu’elle fait, en étant monitrice de l’enseignement supérieur mais aussi en s’impliquant dans différentes actions de vulgarisation scientifique. C’est ainsi que, dès sa 3ème année de thèse, Marilyne participe activement à la Fête de la science, à la « salle des sciences » de l’Université de Rouen et à diverses conférences scientifiques dans les lycées. Des activités de vulgarisation scientifique qu’elle poursuit au cours de sa 4ème année de thèse durant laquelle, en parallèle de son poste d’ATER à mi-temps, elle est animatrice au « Relais d’sciences » à Caen et au Palais de la découverte.


… qui lui ouvre les portes d’une carrière en médiation scientifique

Très motivée par le fait de « rencontrer les gens et de faire de la communication scientifique », Marilyne s’interroge alors sur les possibilités de poursuivre une carrière dans la médiation scientifique. Pour celles et ceux qui envisagent également d’embrasser ce métier, « il faut savoir que le salaire moyen d’un médiateur scientifique se situe autour de 1300-1700 euros net mensuel. La médiation scientifique est donc avant tout une passion. »

Marilyne réalise alors une veille auprès de l’Association des musées et centres pour le développement de la culture scientifique, technique et industrielle (AMCSTI), des Centres de culture scientifique, technique et industrielle (CCSTI, il y en a environ un par département) et des universités. Peu avant la soutenance de sa thèse en mars 2013, elle décroche un CDD d’un an en tant que médiatrice scientifique à l’ESPGG, un contrat qui a évolué en CDI en janvier dernier.

L’ESPGG est un espace grand public de l’école supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris (ESPCI ParisTech). C’est un lieu de rencontre, d’échange et de réflexion, où l’on aborde la science sous plusieurs angles : culturel, artistique et sociétal.
Les activités qui y sont proposées se répartissent en 2 volets : En tant que médiatrice scientifique, Marilyne participe à ces différentes activités. Elle consacre une grande partie de son temps à l’animation mais aussi à la création des animations scientifiques : forte de son parcours en physique des matériaux, elle envisage notamment de développer de nouvelles animations sur les cristaux liquides, les matières molles...

En plus de ces activités réalisées au sein de l’ESPGG, elle participe également à « Question de sciences, enjeux citoyens ». Développé par la région Ile-de-France, ce dispositif consiste en des petits groupes de Franciliens qui mènent une réflexion autour d’un sujet scientifique (recherche de documents, rencontre avec des experts…) pour aboutir à la formulation d’un point de vue citoyen sur le sujet. Ainsi l’an dernier, dans la thématique régionale « la mémoire », Marilyne a animé un groupe d’échange autour du sujet « mémoire et drogues ». A la fin du projet, ce groupe - constitué de doctorants et étudiants de master - a présenté publiquement son opinion sur le sujet, sous forme d’une courte émission de radio.

La thèse : un atout pour proposer un contenu scientifique de qualité

Pour ces différentes activités, Marilyne est amenée à rencontrer des chercheurs, à recruter et former des animateurs vacataires, à gérer des ressources humaines et matérielles et à travailler avec différents publics. Lorsqu’on l’interroge sur l’apport du doctorat dans son métier, elle nous confie : « Lorsque je crée une animation scientifique, j’aime sentir le contenu bien appuyé, bien construit. Avoir une thèse ne me semble pas indispensable pour faire de la médiation en sciences mais me permet d’être un bon interlocuteur pour les échanges avec les chercheurs et d’avoir suffisamment de recul pour construire un plan logique».

Quelle que soit l’orientation envisagée par les futurs docteurs, Marilyne ajoute : «il est important de faire un maximum de choses à côté de sa thèse. Que ce soit pour de la vulgarisation scientifique ou une autre activité, on peut libérer du temps, il ne faut pas attendre».

 
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