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Un Doctorat en SHS : un tremplin pour une carrière professionnelle non-académique ?

Découvrez le parcours de Pierre Horn qui, après une cotutelle de thèse en Histoire entre l'Universität des Saarlandes et l'Université Paris-Sorbonne, a rejoint le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam en Lorraine) comme Chef de projet franco-allemand chargé des projets européens à destination entre autres des entreprises.
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Expérience franco-allemande et perspective de carrière universitaire

Durant ses études d’Histoire à l'Université de Lorraine à Nancy, Pierre Horn part à la fin de la Licence, en Allemagne : une année à Trèves dans le cadre d’un échange Erasmus, puis une année à Sarrebruck dans le cadre d’un échange sous convention. Ces séjours vont façonner de manière décisive son projet professionnel. Car si, à la fin de son Master, les portes du marché de l’emploi allemand lui sont désormais ouvertes, celles « des très français "concours de l’enseignement" » lui sont quant à elles fermées.

Master en poche, il se décide donc à se lancer dans un doctorat franco-allemand en Histoire moderne et/ou contemporaine.
 
Dans cette décision, comme il le précise,
« il y a une part de rêve et de passion, une part de refus peut-être du retour en France, une part d’ambition et de stratégie aussi. Le doctorat franco-allemand c’était la promesse d’une expérience intense et passionnelle, celle d’un meilleur suivi à travers une cotutelle, de plus grandes chances de financement, le fait de pouvoir apprendre de deux cultures scientifiques, la perspective de pouvoir acquérir un allemand universitaire, et surtout une insertion professionnelle plus aisée en raison de la grande valorisation du titre de docteur en Allemagne ». Pour Pierre, le doctorat franco-allemand signifie alors jeter les bases d’un véritable projet professionnel entre la France et l’Allemagne. « Évidemment, il ne faut pas sous-estimer la part de doute, de hasard et de "construction au fur et à mesure" qui sont le propre de chaque projet ». L’Université de Lorraine ayant refusé sa cotutelle de thèse avec l’Université de la Sarre, Pierre a donc débuté en 2009 ses travaux de recherche dans un cadre strictement allemand jusqu’à ce qu’en 2010 un professeur de l’Université Paris-Sorbonne le prenne sous son aile. « De toute évidence, le projet de thèse – le défi de l’enracinement napoléonien entre Rhin et Meuse (1810-1813) – n’était pas la raison du refus nancéien car cela m'a permis de décrocher un contrat doctoral et plusieurs autres financements »

En définitive, de 2009 à 2011, Pierre a eu pour unique objectif professionnel la « très balisée carrière académique ». A cet effet, il a accumulé les charges d’enseignement, publié des articles scientifiques, obtenu plusieurs financements, multiplié les conférences, etc. Mais, à partir de la fin de l’année 2011, il s’interroge : « l’extraordinaire concurrence en Allemagne autour des « Professuren » et l’impossibilité de faire une carrière académique en Histoire en France sans l’agrégation m'ont poussé à repenser mon projet professionnel. Une démarche qui n’est pas incompatible avec la réalisation d’un travail de recherche salué par la communauté scientifique » 

Redéfinition du projet professionnel et alternative au « tout académique »

« Dans ma chance d’avoir obtenu un financement doctoral et d’être suivi par l’un des plus fins connaisseurs de la période napoléonienne, j'ai connu une certaine désillusion en ce qu’à Paris-Sorbonne, il est impossible d’enseigner en Histoire sans l’agrégation. Privé de la sorte de cette expérience professionnelle qui m'aurait permis d’accéder à un poste de Maître de conférence, j'ai dû penser à un plan B  qui, progressivement, va devenir mon plan A, à savoir la gestion de projets européens ». Avec le recul, Pierre observe que cette situation a été très positive pour lui et son avenir, car cela l’a amené à sortir de « l'"ornière académique", des sentiers linéaires et prévisibles de la carrière universitaire ».


Comme il le remarque, la redéfinition d’un projet professionnel au cours du doctorat n’a pas été aisée, sans que cela soit lié pour autant à l'objet de la thèse et ou à la discipline : « Il faut en finir avec la sinistrose dans les SHS. J’ai des amis diplômés en informatique qui peinent à devenir chefs de projet, des amis ingénieurs qui ont mis plusieurs années à passer du secteur technique au commercial et des amis doctorants en physique qui se demandent ce qu’ils vont bien pouvoir faire après leur doctorat ».

La réelle difficulté réside, selon Pierre, dans la réorientation des compétences qui caractérise la redéfinition de chaque projet professionnel, et cela  quelle que soit la discipline dans laquelle il s'inscrit.

« La réorientation de compétences jusque-là définies à travers le prisme des critères académiques ne peut se faire sans une sérieuse réflexion sur soi. En premier lieu, il faut objectivement identifier ce dans quoi on est bon ; parce que c’est une étape de tâtonnement, on trouve du soutien auprès d’ABG, de l’UFA (Université franco-allemande) et des BAIP (bureaux d'aide à l'insertion professionnelle). Ensuite, il faut identifier un secteur non-académique, puis un métier, dans lequel on pourrait évoluer. Enfin, resteront à  identifier les compétences qui, chez soi, font défaut et s’attacher à les acquérir. Dans cette démarche, le plus difficile consiste, de très loin, à sortir de sa "zone de confort" et faire en sorte que son réseau professionnel devienne progressivement moins académique ».

Pour Pierre, le doctorat en SHS est une expérience professionnelle permettant d'acquérir et de développer des compétences à haute valeur ajoutée, répondant pleinement aux besoins du marché. Mais encore faut-il savoir profiter pleinement des potentialités offertes par le secteur académique. « Rédiger une thèse ne suffit pas : il faut assumer des missions diverses, proposer et organiser des cours, publier et vulgariser, organiser des manifestations, faire des traductions, gérer une équipe, etc. Et le fait que les moyens financiers soient rarement là, offre finalement la plus sérieuse de toutes les expériences : celle du fundraising ou de la recherche de financement ».

Autant de compétences qui peuvent expliquer sa mobilité professionnelle réussie vers le secteur non-académique.

Expérience doctorale et mobilité professionnelle

En octobre 2013, Pierre Horn a été, ainsi, recruté par le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam). Responsable du centre d'enseignement de Forbach, sur un territoire frontalier qui se remet lentement de la fin de l’exploitation des houillères, il coordonne diverses formations élaborées à Paris et à Nancy. A la tête du Pôle de formation transfrontalier, il organise également des manifestations franco-allemandes et pilote plusieurs projets européens dont un à destination des TPE/PME/PMI. De nouvelles fonctions qui, si elles sont exigeantes, permettent à Pierre de déployer l’essentiel de ses compétences, d’en acquérir constamment de nouvelles, d’avoir des responsabilités et d’être force de proposition.

A noter que sans son réseau professionnel extra-académique, il n'aurait pas eu connaissance de l’offre d’emploi du Cnam. Lors des deux entretiens de recrutement, ont été évaluées : ses connaissances linguistiques et culturelles ; son aptitude à alterner entre travail en complète autonomie et travail en équipe ; son expérience en matière de gestion de projet et de gestion de budget ; enfin, ses valeurs personnelles. Sur ce dernier point, le fait d’évoquer qu’il éprouvait un fort besoin d'utilité sociale et qu’il cherchait à mettre ses compétences au service d’une structure œuvrant pour l’intérêt général, a sans conteste pesé en sa faveur. « Mises bout à bout, toutes ces petites qualités ont contrebalancé la limite a priori sérieuse constituée par mon absence d’expérience en matière de projets européens ».

Malgré la masse d'éléments nouveaux à assimiler durant les premiers mois de la prise de fonctions, cette dernière s’est finalement déroulée sans difficulté. « C’est qu’il n’y a rien que, globalement, je ne savais déjà faire ; aucune compétence fondamentale ou essentielle ne me manquait. De là, ma conviction profonde que le doctorat demeure une formation d’excellence, y compris dans une discipline comme les SHS, et qu’il peut servir un véritable plan de carrière ». La « recette gagnante » : avoir une stratégie claire avec un objectif professionnel bien défini ; une stratégie toutefois dont la trajectoire doit demeurer assez flexible pour que la chance puisse s’exprimer et interférer. « N’y a-t-il pas une part d’inconnu, dans la réalisation de chaque projet, aussi mûrement réfléchi qu’il soit ? ».

En conclusion de ce témoignage, Pierre rappelle que le doctorat est bel et bien une formation de grande qualité. « C’est également un projet professionnel personnel, donc unique, en partie en raison de cette part de stratégie, propre à chacun, et de chance dont on ne peut prédire les contours. C’est aussi, ajoute-t-il, le goût de l’inconnu, du risque et de l’avant-garde ».

Ce message, Pierre le transmet régulièrement aux doctorants et docteurs en SHS lors des manifestations organisées par ABG-UFA et le Pôle France de l’Université de la Sarre.
« In fine, le doctorat, c’est la porte ouverte à tout – et donc également à la carrière non-académique, loin des sentiers battus du système universitaire ».

 

 

 


 

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